Si vous gérez une flotte de véhicules en Savoie ou Haute-Savoie, vous connaissez ces routes. Les virages serrés entre Annecy et Chambéry, les cols qui se ferment dès novembre, les kilomètres qui s’accumulent sous les roues de vos salariés chaque semaine. Et pourtant, la plupart des formations proposées aux entreprises ont été pensées pour des zones périurbaines plates, par des organismes qui ne sont jamais passés par le col de la Forclaz. Maxime Chagot, lui, est d’ici. Et ça change tout.
Maxime, comment on passe du rallye à la formation en entreprise ?
Qu’est-ce qui vous a amené à créer MCSA Formation ?
“À la base, j’ai une formation en sport automobile, le BPJEPS Sport Auto. J’ai pratiqué le rallye pendant des années, et à un moment je me suis dit que tout ce que j’avais appris sur la dynamique du véhicule, la lecture de la route, la gestion du risque… ça avait une vraie valeur à transmettre. Pas pour apprendre à rouler vite. Pour apprendre à rouler juste.”
Et MCSA Formation, c’est quoi concrètement comme structure aujourd’hui ?
“C’est un organisme de formation certifié Qualiopi, basé en Savoie, qui intervient exclusivement auprès des entreprises. On propose deux axes principaux : la formation éco-conduite et la formation sécurité routière. Tout est pensé pour des conducteurs professionnels, des salariés en déplacement, des flottes. On n’est pas une auto-école, on est un partenaire de formation pour les équipes RH et les responsables de flotte.”
Pourquoi avoir ciblé uniquement les entreprises ?
“Parce que c’est là que l’impact est le plus fort. Un particulier qui change sa façon de conduire, c’est bien. Une flotte de 30 véhicules dont tous les conducteurs ont été formés, c’est des milliers de kilomètres par an qui deviennent plus sûrs et moins coûteux. L’effet levier est incomparable.”
C’est quoi, concrètement, votre approche de l’éco-conduite ?
Beaucoup de gens pensent que l’éco-conduite, c’est juste rouler lentement. Vous en pensez quoi ?
“C’est l’idée reçue numéro un. Et c’est faux. L’éco-conduite, c’est une technique. C’est savoir à quel moment accélérer franchement plutôt que de traîner sur la route, c’est gérer ses freinages pour ne pas gaspiller l’énergie cinétique, c’est adapter son régime moteur au relief. En montagne, c’est encore plus subtil qu’ailleurs.”
“Les résultats sur les flottes parlent d’eux-mêmes. En moyenne, on constate entre 10 et 15 % de réduction sur la consommation après une session. Sur une année, sur 20 véhicules, c’est une économie réelle, pas anecdotique.”
| Indicateur | Avant formation | Après formation |
|---|---|---|
| Consommation moyenne (L/100km) | 7,5 L | 6,4 L |
| Coût carburant annuel / véhicule | ~2 250 € | ~1 920 € |
| Émissions CO₂ / véhicule | ~175 g/km | ~149 g/km |
Estimations moyennes basées sur données ADEME / Webfleet, véhicule thermique 20 000 km/an.
Et le terrain alpin, ça entre vraiment dans vos contenus de formation ?
“Complètement. La gestion des descentes longues, le frein moteur, l’anticipation sur chaussée mouillée ou verglacée… c’est dans toutes mes sessions. Je ne vais pas former un commercial qui fait la route Annecy-Grenoble deux fois par semaine avec un programme générique conçu pour la banlieue parisienne. Ça n’aurait aucun sens.”
Et si l’éco-conduite, ce n’était pas juste rouler moins vite, mais rouler avec une vraie intelligence de la route ?
La sécurité routière en entreprise, c’est une obligation ou une conviction ?
Quand une entreprise vous appelle, c’est par obligation légale ou par vraie démarche ?
“Les deux. Souvent au départ, c’est l’obligation qui déclenche. L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de protéger ses salariés y compris sur la route. Et puis il y a eu un accident, ou les primes d’assurance ont augmenté, et le DRH cherche une réponse concrète.”
Et après la formation, vous observez un vrai changement ?
“Toujours. Ce qui change, ce n’est pas juste le comportement, c’est la compréhension. Quand un conducteur comprend pourquoi il ne doit pas freiner en courbe sur le verglas, il ne le fait plus jamais. Ce n’est plus une règle à respecter, c’est une évidence physique qu’il a intégrée. Et ça, ça dure.”
“Les chiffres confirment ce qu’on observe sur le terrain : les entreprises qui forment leurs conducteurs enregistrent jusqu’à 30 % de sinistres en moins. Mais derrière ce chiffre, il y a des gens qui rentrent chez eux. C’est ça qui compte.”
Parce que derrière chaque accident évité, il y a un salarié qui rentre chez lui.
Qualiopi, OPCO… est-ce que vous pouvez expliquer simplement comment ça fonctionne ?
Le budget est souvent le premier frein. Comment vous abordez ce sujet avec vos clients ?
“Je leur demande d’abord s’ils savent que la formation peut être financée à 100 %. La plupart ne le savent pas. Et là, tout change.”
MCSA Formation est certifiée Qualiopi, ce qui permet aux entreprises de mobiliser leurs fonds de formation via leur OPCO. Le process est simple et entièrement géré par MCSA Formation :
- Analyse du besoin : évaluation de la flotte, des profils conducteurs et des objectifs de l’entreprise.
- Montage du dossier : MCSA Formation prend en charge les démarches auprès de l’OPCO compétent.
- Formation et solde : la formation est réalisée, le financement couvre tout ou partie du coût selon le dispositif.
Il y a aussi un enjeu RSE dans votre démarche ?
“De plus en plus. Les grandes entreprises soumises à la directive CSRD doivent documenter leurs actions sur la sécurité des salariés et la réduction des émissions. Une formation éco-conduite certifiée Qualiopi répond aux deux. Ce n’est pas un argument secondaire, c’est devenu un vrai critère de décision pour certains directeurs RSE.”
Le meilleur argument commercial de Maxime ? Ce n’est pas le prix. C’est le reste à charge zéro.
Pourquoi avoir choisi de rester en Savoie et Haute-Savoie plutôt que de s’étendre ?
Vous auriez pu vous développer sur toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. Pourquoi rester aussi localisé ?
“Parce que je connais ce territoire dans ses détails. La D1508 entre Annecy et Genève aux heures de pointe, les entrées de Chambéry sous la pluie, la montée vers Albertville quand les premiers flocons tombent… Ce ne sont pas des décors pour moi. Ce sont des routes que je pratique, que j’analyse, que j’utilise dans mes formations.”
Vous couvrez quelles zones exactement ?
“Tout le bassin savoyard : Annecy, Chambéry, Annemasse, Albertville, Thonon-les-Bains. C’est un territoire dense économiquement, avec beaucoup de PME et d’ETI qui ont des flottes actives et des salariés qui roulent beaucoup. C’est exactement le public pour lequel on a construit nos formations.”
“Je préfère être vraiment utile sur mon territoire que dilué partout. Ce que j’apporte, c’est une connaissance intime des routes où roulent mes clients. Ça, aucun organisme national ne peut l’offrir depuis un bureau à Paris.”
On ne forme pas à la conduite en montagne depuis un bureau à Paris.
Si vous aviez un message à faire passer à chaque responsable RH de la région, ce serait lequel ?
Une dernière question, directe : qu’est-ce que vous diriez à un DRH qui hésite encore ?
“Je lui dirais d’arrêter d’attendre. La plupart des accidents de trajet ne sont pas des coups de malchance. Ce sont des comportements qui se sont installés, des automatismes jamais remis en question. Et une journée de formation, ça suffit souvent à tout remettre à plat.”
“Et je lui dirais aussi que ses salariés n’en veulent pas au départ. Et qu’ils repartent toujours en ayant appris quelque chose qu’ils n’attendaient pas. Ce n’est pas une contrainte qu’on impose. C’est un investissement dans les gens. Et ça, ça se voit.”


