Vous avez vu les images, n’est-ce pas ? Ces fourgons alignés devant une vitrine de macarons pendant que le centre-ville d’Amiens se transformait en zone de tension. Pendant que d’autres commerces prenaient des cailloux et des mortiers, celle-là restait intouchable. On ressent tout de suite un malaise. Quelque chose cloche dans le tableau, et on ne peut pas faire semblant de ne pas le remarquer.
Ce que les vidéos montrent vraiment devant la rue Delambre
Depuis dimanche, les vidéos tournent en boucle. On y voit six, parfois sept fourgons de police ou de CRS stationnés face à la chocolaterie Jean Trogneux, rue Delambre. La journée avait commencé par une manifestation contre la vie chère rassemblant plusieurs milliers de personnes, entre 6 000 selon la police et près de 15 000 d’après les syndicats. Tout a basculé en fin de cortège devant la Maison de la culture. Projectiles, mortiers d’artifice, gaz lacrymogènes. Environ 500 individus ont cherché l’affrontement.
La boutique, elle, n’a pas reçu le moindre impact. Pendant ce temps, les locaux du CCAS ont été vandalisés, des abribus détruits et une agence d’assurances endommagée rue Catelas. On a tous vu des commerces brûler ailleurs en France ce jour-là. À Amiens, c’est le contraire qui frappe. Une protection visible, massive, concentrée sur un seul point.
Pourquoi cette boutique attire les regards (et les protections) depuis des années
Le lien familial avec Brigitte Macron n’est un secret pour personne. Depuis 2017, la maison Trogneux subit une série d’intimidations, d’insultes et de dégradations. En mai 2023, Jean-Baptiste Trogneux a été agressé juste devant le magasin, après une allocution présidentielle. Ce n’est pas un hasard si les forces de l’ordre ont priorisé cet endroit le 17 octobre.
Beaucoup d’Amiénois et de commerçants ressentent une forme d’injustice. Protéger un commerce menacé, on le comprend. Mais quand le reste de la ville prend des coups, la concentration des moyens devient difficile à digérer. Nous le disons clairement : cette protection exclusive laisse un goût amer.
Le silence des autorités et le bruit des réseaux
Ni la préfecture de la Somme ni la presse locale n’ont commenté officiellement ce dispositif précis. Les vidéos, elles, ont explosé. Florian Philippot, des comptes très suivis et des milliers d’internautes les ont relayées en quelques heures. Le contraste est total entre le silence institutionnel et le bruit des réseaux.
Voici ce qui ressort clairement des images et des témoignages :
- Six à sept fourgons positionnés devant la boutique
- Aucun dégât constaté sur la chocolaterie
- Deux interpellations, trois à quatre policiers et six manifestants légèrement blessés dans l’ensemble des heurts à Amiens
Quand la protection d’un commerce devient un symbole
En quarante-huit heures, ces images sont devenues le symbole d’un deux poids deux mesures. Le maire Frédéric Fauvet a condamné les casseurs, remercié les forces de l’ordre et annoncé que la ville porterait plainte. Il n’a jamais cité le nom Trogneux. On peut comprendre qu’on protège un commerce menacé, mais quand le reste de la ville se fait caillasser, la photo des fourgons devient politique malgré elle.
À Amiens, le 17 octobre, les macarons étaient mieux gardés que les abribus.

