media news room logo dark
La danse ambigüe du Rassemblement national autour du Qatar

La danse ambigüe du Rassemblement national autour du Qatar

Alors que la guerre à Gaza divise la classe politique en France, le Rassemblement national (RN) semble naviguer entre ses inclinations traditionnellement critiques envers le Qatar et une volonté nouvelle de se montrer responsable sur la scène politique. Une ambivalence qui se reflète notamment dans les discours contrastés de ses membres vis-à-vis du rôle du Qatar dans le conflit entre Israël et le Hamas, et plus largement, dans l’influence qatarie en France.

C’était l’une des rares constantes du Rassemblement national en politique étrangère : la critique de la diplomatie qatarie, accusée de « promouvoir l’islamisme » était une ritournelle devenue habituelle chez le parti d’extrême droite français. Il y a encore quelques semaines, le 9 octobre dernier, Jordan Bardella, le président du RN, n’hésitait pas à pointer du doigt le Qatar et l’Iran comme les principaux financiers du Hamas, et donc, responsables de la situation de crise au Moyen-Orient. Au parlement français, le parti a même proposé le retrait des avantages fiscaux du Qatar en France, au prétexte que le petit émirat « financerait le terrorisme ». Même le député RN Jean-Philippe Tanguy était allé jusqu’à remettre en question la propriété qatarie du Paris Saint-Germain, la jugeant comme un moyen d’influence considérable pour l’émirat.

Changement de ton

Mais depuis quelques jours, la situation géopolitique complexe a amené certains membres du RN à moduler leur discours. La détention d’otages français par le Hamas, et le rôle clé joué par le Qatar dans les négociations pour leur libération semblent avoir incité à une certaine retenue. Désormais, Jordan Bardella préfère insister sur la priorité de récupérer les otages, « même si cela implique de passer par le Qatar » (France Info, le 25 octobre).

Un changement de posture du RN qui traduit peut-être une volonté de Marine Le Pen de montrer un visage plus responsable du parti, en évitant de fermer des canaux diplomatiques cruciaux en ces temps de crise. Dans une longue analyse publiée dans l’Opinion, la journaliste Nina Jackowski analyse ce changement de posture dans le prolongement de la stratégie de « dédiabolisation » du parti et à sa volonté d’apparaitre le plus crédible possible pour arriver au pouvoir en 2027.

Il convient de rappeler que le RN entretient des liens financiers étroits avec les Émirats arabes unis, rivaux régionaux du Qatar. En 2017, un prêt de 8 millions d’euros transité par les Émirats avait été crucial pour boucler les comptes de campagne du RN, révèle un article de Marianne. Comment Abu Dhabi réagira à ce changement de ton de Marine le Pen et ses équipes ? Est-ce ce changement de ligne s’enracinera dans la durée, malgré ces liens financiers ?

À mesure que la crise évolue en Palestine, il sera intéressant d’observer comment le RN ajustera son discours et ses actions vis-à-vis du Qatar, un acteur clé dans la résolution de la situation actuelle au Moyen-Orient.

administrator

Articles Connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *