Elle décrypte les tensions nucléaires sur les plateaux télé comme si elle parlait de la météo. Pourtant, derrière cette aisance se cache un parcours qui zigzague entre Madagascar et Paris, entre les couloirs du pouvoir et les think tanks stratégiques. Lova Rinel Rajaoarinelina incarne ce profil hybride que personne n’a vu venir : juriste de formation, conseillère de présidents, experte en dissuasion nucléaire. Une trajectoire qui refuse les cases, qui dérange les certitudes. Vous l’avez vue commenter la guerre en Ukraine sur BFMTV, mais connaissez-vous vraiment son histoire ? Allons au-delà des apparences.
Qui est vraiment Lova Rinel Rajaoarinelina ?
Lova Rinel Rajaoarinelina, c’est d’abord un nom qui sonne comme une double appartenance assumée. Franco-malgache, elle navigue depuis des années entre deux continents sans jamais vraiment choisir. Sur les plateaux de BFMTV et LCI, elle intervient avec une autorité tranquille qui tranche avec le brouhaha habituel des consultants télé. Ce qui frappe, c’est sa capacité à vulgariser sans infantiliser, à rendre accessible la complexité géopolitique sans la trahir.
Mais Lova Rinel n’est pas qu’une experte de plus. Son parcours mêle terrain et théorie, pouvoir et recherche. Elle a été au cœur des institutions malgaches, a conseillé des présidents, rédigé des lois. Puis elle a basculé vers la France, vers la haute fonction publique, avant de revenir à Madagascar en 2025, dans un contexte politique explosif. Ce va-et-vient permanent forge un regard singulier, nourri par l’expérience concrète du pouvoir.
Des racines malgaches à la banlieue parisienne : le socle d’une identité plurielle
Issue de parents malgaches, Lova Rinel est née et a grandi en banlieue parisienne. Cette double culture n’est pas anodine. Elle façonne son identité, influence sa vision du monde, nourrit son expertise sur les relations France-Afrique. Quand elle parle de Madagascar, ce n’est pas avec le regard surplombant de l’experte parachutée. Elle parle de chez elle, avec ses contradictions, ses loyautés multiples.
Cette enfance en banlieue parisienne, loin des beaux quartiers, ancre aussi une certaine distance avec les élites traditionnelles. En janvier 2026, elle révèle sur LinkedIn un drame familial bouleversant : le meurtre de sa sœur Miora, tuée par son mari. Une tragédie qui rappelle brutalement que derrière la figure publique, il y a une vie, des blessures, une humanité que les plateaux télé ne montrent jamais.
Une formation de juriste devenue passerelle vers la géopolitique
Au départ, rien ne destinait cette juriste de formation à parler dissuasion nucléaire sur les antennes. Son parcours académique s’ancre dans le droit, un socle solide qui forge la rigueur du raisonnement. Mais c’est son passage à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) qui fait basculer sa trajectoire. Elle découvre alors un autre univers : celui des stratégies de puissance, des équilibres internationaux, de la dialectique nucléaire.
Cette conversion intellectuelle n’a rien d’une reconversion opportuniste. Elle s’inscrit dans une logique : comprendre les rapports de force qui structurent le monde, saisir les leviers du pouvoir. Le droit, finalement, c’était déjà ça. Mais appliqué aux relations internationales, aux enjeux stratégiques, il prend une autre dimension. Ce mélange entre formation juridique et expertise géopolitique lui donne un profil rare, une crédibilité double.
Madagascar : les années de pouvoir au cœur de l’État
Entre 2014 et 2020, Lova Rinel travaille à Madagascar auprès du Président de l’Assemblée nationale, puis auprès du Président de la République. Les secteurs qu’elle couvre ne sont pas anodins : énergie, industrie, défense, sécurité. Des domaines régaliens, au plus près des décisions stratégiques. En 2014, elle participe à la rédaction de la loi abolissant la peine de mort à Madagascar, un combat juridique et moral majeur. En 2016, elle devient l’une des chevilles ouvrières de l’organisation du XVIe sommet de la Francophonie à Antananarivo, un événement international d’envergure.
Puis vient son retour en octobre 2025, dans un contexte politique tendu. Elle est nommée conseillère spéciale d’Andry Rajoelina, le président malgache. Quelques jours plus tard, un coup d’État militaire renverse Rajoelina. Elle démissionne alors brutalement de ses fonctions françaises pour se consacrer à la défense du président déchu, aujourd’hui en exil. Ce choix interroge : fidélité politique ou conviction profonde ? Cette capacité à jongler entre deux pays, deux sphères d’influence, révèle une femme qui ne craint pas les zones grises.
Le virage français : entre Assemblée nationale et engagement associatif
De 2017 à 2021, Lova Rinel travaille en France avec Marielle de Sarnez, présidente de la commission des affaires étrangères et membre de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale. Elle collabore aussi avec Justine Benin, députée de la Guadeloupe, et participe à la rédaction du Livre bleu Outre-mer remis au Président Macron en 2018. C’est durant cette période qu’elle découvre le nucléaire, grâce à une mission parlementaire consacrée au Traité de non-prolifération.
En 2020, elle prend la présidence du CRAN (Conseil représentatif des associations noires), qu’elle occupe jusqu’en 2022. Ce mandat témoigne d’un engagement dans les débats sociétaux français, sur la représentation des populations noires, les discriminations. Un combat qui prolonge ses origines, sa double culture. En 2022, elle se lance dans la bataille des législatives en Seine-Saint-Denis, sous l’étiquette Ensemble ! (majorité présidentielle). Résultat : 9,88%. Un échec électoral, certes, mais qui révèle une femme qui n’a pas peur de se frotter au suffrage universel, même dans un contexte défavorable.
Dissuasion nucléaire et énergie : l’expertise qui fait la différence
C’est peut-être là que Lova Rinel se distingue le plus. Son passage à la CTBTO (Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires) à Vienne, en tant que consultante chargée des relations avec l’Afrique, marque un tournant. Elle rejoint ensuite la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) comme chercheuse associée, se spécialisant sur la dissuasion nucléaire et la géopolitique de l’énergie. Elle publie de nombreux articles dans la Revue Défense Nationale entre 2018 et 2025.
Quand elle intervient à la télévision, c’est rarement sur un seul sujet. Son champ d’expertise ressemble à une carte des tensions mondiales :
- Dissuasion nucléaire et dialectique stratégique, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine
- Géopolitique de l’énergie, avec un focus sur les zones insulaires et les enjeux d’approvisionnement
- Relations France-Afrique, nourries par son expérience à Madagascar et son regard franco-malgache
- Stratégies de puissance et équilibres internationaux, au cœur des nouvelles tensions mondiales
- Questions nucléaires africaines, un angle mort souvent négligé par les autres experts
Ce qui la rend crédible, c’est qu’elle ne parle pas que de théorie. Elle a vu le pouvoir de l’intérieur, a conseillé des présidents, a participé à des décisions stratégiques. Cette double légitimité, terrain et recherche, fait toute la différence.
Commissaire à la CRE : un passage éclair mais stratégique
Le 26 juillet 2023, sur proposition de Philippe Vigier, ministre délégué chargé des Outre-mer, Lova Rinel est nommée membre du collège de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Son rôle : s’occuper des zones non interconnectées (ZNI), ces territoires insulaires qui connaissent des problématiques énergétiques spécifiques, notamment les départements et collectivités d’outre-mer.
Mais le 7 octobre 2025, coup de théâtre : elle démissionne avec effet immédiat. Seulement deux ans de mandat. Pourquoi partir si vite ? La réponse se trouve à Madagascar. Quelques jours plus tard, elle est nommée conseillère spéciale d’Andry Rajoelina. Son départ brutal de la CRE n’était pas un caprice, c’était un choix politique. Ce retour précipité à Madagascar, au moment où le régime vacille, révèle où se situent ses loyautés profondes. Un mystère subsiste : a-t-elle anticipé la crise, ou a-t-elle été rappelée dans l’urgence ?
Lova Rinel sur les plateaux télé : comment elle s’est imposée
Depuis septembre 2022, Lova Rinel est devenue un visage familier des chaînes d’info en continu. BFMTV, LCI, France Info : elle intervient régulièrement, surtout sur les questions nucléaires et géopolitiques. Ce qui fait sa force à l’écran ? Une pédagogie sans condescendance, une autorité tranquille, une capacité à ne pas se laisser déstabiliser par les questions pièges.
Contrairement à d’autres experts qui récitent des éléments de langage, elle apporte un regard incarné. Elle a vu le pouvoir de l’intérieur, a travaillé sur des dossiers concrets, a vécu les tensions franco-africaines dans sa chair. Cette authenticité se sent. Sur Instagram, elle compte 6 184 abonnés, une notoriété modeste qui témoigne d’une célébrité encore en construction. Mais à la télévision, sa présence s’impose. Elle n’est pas là pour plaire, elle est là pour expliquer. Et ça change tout.
Vie privée : le silence comme stratégie
Aucune information sur son âge. Aucune donnée sur sa situation amoureuse, un éventuel compagnon ou mari. Aucun partage sur les réseaux concernant sa vie intime. Lova Rinel a choisi le silence total sur ces aspects. Ce choix mérite qu’on s’y arrête : est-ce une protection légitime face à l’exposition médiatique, ou un calcul d’image ?
Dans un monde où les figures publiques partagent tout, jusqu’à leur petit-déjeuner, cette opacité détonne. Elle renvoie à une conception ancienne de la vie publique : on juge sur les idées, les compétences, pas sur l’intimité. Pourtant, cette frontière est de plus en plus floue. Les internautes veulent connaître les coulisses, comprendre qui se cache derrière l’experte. Lova Rinel refuse ce jeu, assume ce refus. C’est respectable, mais ça nourrit aussi la curiosité.
La question du salaire : opacité totale
Si vous cherchez un chiffre précis, autant arrêter maintenant. Aucune source ne donne le salaire de Lova Rinel, ni à Madagascar, ni à la CRE, ni à la Fondation pour la Recherche Stratégique. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe pas de transparence salariale pour ces postes, ni en France ni à Madagascar. Les rémunérations des conseillers présidentiels malgaches ne sont pas publiques. Celles des commissaires de la CRE non plus, même si on peut estimer une fourchette.
Pour mieux situer les niveaux de rémunération dans les institutions similaires, voici quelques repères (sans garantie que ce soit son cas) :
| Poste | Institution | Rémunération estimée (annuelle) |
|---|---|---|
| Commissaire CRE | Commission de régulation de l’énergie (France) | Entre 80 000 et 120 000 euros |
| Chercheuse associée | Fondation pour la Recherche Stratégique | Variable (souvent missions ponctuelles) |
| Conseillère présidentielle | Présidence de la République (Madagascar) | Non communiqué (opacité totale) |
| Collaboratrice parlementaire | Assemblée nationale (France) | Entre 40 000 et 60 000 euros |
Ce flou reflète une réalité : les rémunérations des experts qui circulent entre institutions publiques et privées, entre deux pays, échappent aux grilles classiques. Lova Rinel cumule ou a cumulé plusieurs fonctions, rendant toute estimation hasardeuse. L’opacité salariale reste totale.
Les polémiques et zones d’ombre
En octobre 2025, après le coup d’État militaire à Madagascar, Lova Rinel publie une tribune dans Le Figaro intitulée “Stop au romantisme des putschistes !”. Elle y dénonce l’héroïsation dont font l’objet les militaires qui ont renversé Rajoelina. Sa prise de position est nette, assumée, tranchée. Elle se présente comme conseillère spéciale du président déchu, soulignant ainsi sa loyauté politique.
Cette posture soulève des questions. Où se situe sa loyauté : envers la France ou envers Madagascar ? Peut-on être conseillère d’un président renversé et continuer à intervenir sur les plateaux français comme experte neutre ? Certains y voient une compromission, d’autres une fidélité courageuse. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne craint pas les zones grises. Elle assume ses liens avec le pouvoir malgache, refuse de s’en cacher. Cette transparence sur ses engagements politiques tranche avec l’opacité sur sa vie privée. Une contradiction ? Plutôt une hiérarchie assumée : ce qui relève du débat public mérite d’être dit, le reste ne regarde personne.
Ce qu’on ne dit jamais sur Lova Rinel (mais qu’il faut savoir)
Voilà ce que les autres articles oublient commodément de mentionner. En 2014, elle participe à la rédaction de la loi abolissant la peine de mort à Madagascar, un combat juridique et moral majeur dans un pays où la question divisait. En 2016, elle organise le sommet de la Francophonie à Antananarivo, un événement diplomatique d’envergure qui demande des mois de préparation. Son passage éclair en politique française, aux législatives 2022, témoigne d’une ambition qui ne se limite pas au rôle de conseillère de l’ombre.
Son expérience à Vienne, au sein de la CTBTO, lui donne une perspective internationale que peu d’experts français possèdent. Elle a travaillé sur les relations avec l’Afrique dans le domaine nucléaire, un angle mort souvent négligé. Sa capacité à jongler entre plusieurs continents, plusieurs sphères d’influence, sans jamais se brûler les ailes (jusqu’ici), révèle une habileté politique rare. Elle n’est pas seulement une experte, elle est une actrice, une femme qui sait où se trouvent les leviers du pouvoir.
Lova Rinel aujourd’hui : entre deux mondes, sans en choisir aucun
En ce début d’année 2026, Lova Rinel se trouve dans une position inédite. Conseillère d’un président malgache déchu, en exil, elle a quitté précipitamment ses fonctions françaises. Le coup d’État militaire d’octobre 2025 a redistribué les cartes. Andry Rajoelina, selon elle, est “en bonne santé et en sécurité”, mais son avenir politique reste incertain. Quel rôle peut encore jouer une conseillère quand son président est renversé ?
Ce profil hybride, qui ne rentre dans aucune case, fait toute sa singularité. Elle incarne cette génération de Français issus de l’immigration qui refusent de choisir entre leurs racines et leur pays d’accueil, qui circulent entre plusieurs mondes sans jamais vraiment appartenir à un seul. Cette capacité à incarner plusieurs légitimités simultanément, parfois contradictoires, la rend fascinante autant qu’insaisissable.
Où sera-t-elle dans cinq ans ? Personne ne peut vraiment le prédire. Retour en force à Paris si la situation se stabilise à Madagascar ? Nouveau poste dans une organisation internationale ? Carrière politique en France ? Toutes les options restent ouvertes. Cette imprévisibilité, finalement, c’est peut-être ce qui la rend si difficile à cerner. Elle refuse les trajectoires linéaires, les parcours balisés. Elle zigzague, prend des risques, assume ses contradictions. Et c’est précisément ce qui la distingue.

