Quatre jours après le lynchage, toujours aucune garde à vue. Pendant ce temps, les comptes s’effacent, les stories disparaissent, et on nous parle d’« enquête minutieuse ». Moi je dis : c’est du foutage de gueule.
Le 12 février au soir, Quentin Deranque, 23 ans, s’est fait tomber dessus par une meute. Rue Victor-Lagrange à Lyon. Guet-apens, surnombre, coups de pied dans la tête alors qu’il était déjà à terre. Il est mort deux jours plus tard. Le procureur a parlé d’homicide volontaire, de plusieurs agresseurs, de guet-apens. Clair, net, précis.
Et depuis ? Rien. Ou presque. Quatre jours pleins où les suspects — ceux dont les visages tournent en boucle sur les vidéos et les threads OSINT — ont eu tout le loisir de faire le ménage. Stories supprimées, comptes Instagram qui disparaissent, photos de groupe effacées, doudounes noires qui partent probablement à la poubelle ou au feu. J’ai vu ça en direct. Ça n’a rien d’anodin.
Trois militants antifas lyonnais ont été formellement identifiés lors du lynchage du jeune Quentin.
— Le Fauconnier (@LeFaukonnier) February 14, 2026
Un fil à dérouler, des photos et des infos à garder en tête. https://t.co/ywu8Q5rT5o pic.twitter.com/jS8vQJTU5T
Le risque réel que les coupables s’en sortent
Voilà ce qui me fout vraiment en rogne : oui, il y a un risque sérieux qu’ils ne soient jamais condamnés à la hauteur de ce qu’ils ont fait. Parce que quand tu laisses quatre jours à des types identifiés pour effacer leurs traces numériques, tu ne fais pas une enquête « longue et minutieuse ». Tu leur offres une fenêtre de tir.
La cyberpolice est forte, mais pas magicienne. Un téléphone formaté, des messages Signal auto-détruits, des backups iCloud jamais récupérés… et le dossier qui arrive au tribunal avec des trous partout. Les avocats de la défense vont se régaler : « Où sont les preuves matérielles ? Des vidéos floues et des témoignages ? Pas suffisant pour vingt ans. »
On est en train de regarder, en temps réel, comment un dossier béton peut devenir un dossier troué. Et personne ne bouge.
Deux poids, deux mesures, toujours la même chanson
Tu sais ce qui me tue ? La comparaison. Un jeune qui colle une affiche un peu trop provocante ou qui tagge un mur : GAV dans les deux heures, perquise à l’aube, 48 h de garde à vue. Là, on a un gamin de 23 ans massacré en pleine rue par une bande organisée… et on nous sort le couplet « l’enquête suit son cours ».
On nous parle aussi de « fils de grands bourgeois ». C’est un peu exagéré pour certains, mais le vrai problème n’est même pas l’argent. C’est le réseau. Assistant parlementaire LFI, militants Jeune Garde bien branchés, liens avec des structures politiques qui, depuis des années, jouent avec le feu en appelant à « taper les fachos ». Quand c’est ce milieu-là qui cogne, la machine judiciaire ralentit soudainement.
Ce que je pense vraiment, sans filtre
Je ne suis pas du genre à crier au complot à chaque fois. Mais là, c’est trop gros. Si demain matin on n’a toujours pas vu la moindre interpellation, c’est que quelqu’un a décidé que cette affaire devait pourrir. Parce que reconnaître publiquement qu’une bande d’ultragauche a lynché un jeune homme à mort en plein Lyon, ça casse trop de narratifs confortables.
Moi je veux la justice. Pas la vengeance, la justice. Celle qui met les mecs qui ont donné les coups de pied dans la tête derrière les barreaux pour très longtemps. Pas celle qui attend que les preuves s’évaporent pour sortir un non-lieu ou une peine symbolique.
Quentin avait 23 ans. Il ne méritait pas de crever comme ça. Et nous, on ne mérite pas une justice qui choisit ses morts selon leur couleur politique.
Écrit ce soir avec la rage au ventre.
Pour Quentin. Pour que ça ne devienne pas une affaire de plus qu’on oubliera.
Article complementaire : https://lemalpensant.fr/affaire-quentin-deranque-une-enquete-au-ralenti-qui-interroge/

